Décret de limitation sonore, un nouveau casse-tête

La mise en application au 1er octobre 2018 du décret n°2017-1244 du 7 août 2017 relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés pose de nombreuses difficultés aux entrepreneurs de spectacles, aussi bien pour les salles que pour les producteurs.


 

►►► Voici les difficultés que pose l’application de ce décret :

  • Les matériels de limitation automatique permettant de respecter simultanément les deux niveaux sonores imposés par le décret n’existent pas dans le commerce.  Il faudra donc utiliser un système composé, au minimum, de deux microphones afin de surveiller respectivement le dB(A) et le dB(C)
  • Dans cadre d’une création live, faire respecter cette baisse de 3 dBA est possible, mais la limitation à 118 dBC obligera également à abaisser les dBA (en dessous des 102 dBA autorisés), ce qui nuira à la restitution live de l’œuvre.
  • Par extension, cette législation aura des incidences sur la production/création de certaines esthétiques musicales (musiques électroniques, dub, hip hop, par exemple …) qui ne pourront répondre immédiatement aux conditions de mise en place de ce décret.
  •  Il n’existe pas de techniques ni de méthodes permettant de mesurer de façon fiable et répétitive les niveaux sonores sur l’ensemble du spectre notamment en basses fréquences. C’est pourquoi Agi-Son propose l'étude en U afin de minimiser les erreurs et de permettre la standardisation d’une méthode de mesure multipoints reproductible et fiable.
  •  Réaliser une étude d’impact en plein air (festival) sera donc compliqué, de nombreux facteurs influenceront l’étude d’impact : bruits environnants, météo, différents niveaux joués des musiciens sur une même piste, …)
  • Aménager des zones de repos sera également compliqué dans ces évènements de plein air ;
  •  Pour les salles sans système de diffusion fixe : une étude d'impact sera à réaliser à chaque nouvelle installation d’un système de diffusion sonore. La question de l’embauche d’un permanent pourrait se poser notamment pour les Zénith, Palais des Congrès, … ;
  • Cela va complexifier l’accueil de groupes étrangers qui voyagent avec leurs systèmes son propres et déjà préréglés qui ne seront pas adaptés à ces exigences ;
  • En cas de difficultés, qui du producteur ou de salle se voit reconnaître la responsabilité ? ;

►►► Les coûts à mettre en œuvre sont importants, le SNES demande que des mesures d’accompagnement et de soutien économique soient prévues par les pouvoirs publics.

  • L’étude d’impact devra être réalisée par un établissement agréé ;
  • Faire accrocher les « subwoofer » (actuellement posés au sol) aux murs pour limiter les vibrations nécessitera l’achat de nouveaux systèmes d’accroche et exigera une nouvelle mise aux normes acoustique ;
  • Pour les salles basses de plafond, il sera parfois impossible d’accrocher les « subwoofer » aux murs de l’établissement : il faudra faire reculer le public (perte de jauge) afin de maintenir les subwoofer au sol ;
  • L’acquisition d’un nouveau système son, la mise en conformité de l’acoustique, les achats de limiteurs/afficheurs et du sonomètre sera également couteuse ;
  • Former le personnel technique, de production et administratif afin de qu’ils puissent mettre en place, contrôler et comprendre ces nouvelles exigences ;
  • Les bouchons et casques seront à la charge des salles et devront être adaptés à tous les publics (adultes et enfants) ;

 

►►► Ressources
LI 2018/100 - Décret son - retour sur la journée organisée par la DidB
LI 2018/98 Décret de limitation de sons amplifiées, quelles sont vos difficultés ? 
LI 2018/91 Décret de limitation sonore n°2017-1244 du 7 août 2017 - État des lieux et conséquences
Article Télérama - Limitations sonores en concert : un décret qui fait grand bruit 

►►► Pour plus d'information, le SNES au 01 42 97 52 26