Distorsions entre le coût des plateaux dans le théâtre public et celui des plateaux des tournées des théâtres privés.
Date: dimanche 6 novembre 2005 à 12:51
Sujet: THÉÂTRE PUBLIC-THÉÂTRE PRIVÉ
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Si nous parvenions à de tels accords, il faudrait bien aborder un sujet qui dérange : celui des énormes distorsions qui existent entre le coût des plateaux dans le théâtre public et celui des plateaux des tournées des théâtres privés.
On s’étonne souvent de l’importance des prix de vente pratiqués par les tourneurs. Il est vrai que nous sommes nous-mêmes souvent effrayés par les prix de revient de nos spectacles. Il ne faudrait surtout pas croire que nous chargeons la barque : j’en veux pour preuve la faillite et la disparition des plus grandes et anciennes tournées théâtrales françaises auxquelles il faut ajouter, hélas, celles de nombre de sociétés de diffusion plus récentes. Elles ont disparu faute de pouvoir équilibrer leurs comptes. Les tourneurs subissent, comme chacun, l’inflation du coût des services : que ce soient les voyages – les tournées de papa tout en car comme autrefois, c’est terminé – TGV, avions, voitures de location, autocars, que ce soient les assurances, les défraiements, les camions pour les décors, le conditionnement du matériel, la documentation (affiches, photos, CD), les multiples droits de suite : tout a augmenté considérablement, mais le coût du plateau dans des proportions souvent plus importantes.
Il ne s’agit pas ici de faire un mauvais procès à certains comédiens ni à leurs agents : lorsqu’ils sont en tournée, il est vrai que les comédiens renoncent au cinéma, à la télévision, à la radio, aux enregistrements publicitaires, à la synchronisation etc... etc… Le montant de leur cachet doit légitimement compenser leur manque à gagner.
On ne peut cependant pas s’empêcher de signaler que les différences entre les cachets d’un comédien à Paris au théâtre privé, du même comédien en tournée, et du même comédien encore engagé pour un spectacle du théâtre public, sont considérables.
Elles s’établissent dans un rapport de 1 à parfois 6 ou 7 en tournée.
Et bien je pense que si des passerelles de coproductions théâtre public/tourneur/théâtre privé étaient mises en place, nous pourrions trouver un meilleur équilibre financier si les différents budgets étaient pensés et établis ensemble dès le départ, sans que cela ne nuise en rien aux comédiens dans la mesure où le nombre global de représentations serait plus important.
Par Jean-Claude HOUDINIÈRE, Président du SNES.
Extrait de la déclaration du Président du SNES, lors des rencontres organisées par le Ministre de la Culture le 10 octobre au Théâtre de la Madeleine.


> Commentaires
1. Le mardi 6 avril 2010 à 08:49, par Ann
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